HISTORIQUE

UN PEU D'HISTOIRE

Cette rubrique vous est proposée par Yves Harcillon 

Pourquoi une page « histoire » de Liouc sur votre site Liouc-et-vous ?

 Cette page vise 2 objectifs principaux :

1°) Rassembler et porter à la connaissance du plus grand nombre (principalement les plus jeunes, utilisateurs privilégiés de l’outil informatique) les éléments de l’histoire de notre village dispersés dans différents documents, parfois difficiles d’accès ou rebutants.

 Et aussi et peut être surtout

 2°) Donner, à tous ceux qui en auraient le souvenir,  l’envie de raconter des anecdotes sur la vie du village au siècle passé (je veux dire le XXeme) : faits divers, fêtes de village, travaux dans le village, vendanges, fêtes des moissons, abattage du cochon, événements climatiques marquants….et tous autres.

 Petites histoires locales qui misent bout à bout pourront constituer une page supplémentaire de l’Histoire de notre lieu de vie commun.

Nous ici faisons appel à tous les habitants du village qui par leur connaissances peuvent nous communiquer diverses anecdotes ou renseignements sur la vie ancienne du village.
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Origine du nom de Liouc

Bien que les spécialistes de toponymie ne soient pas tous d’accord, Liouc aurait pour origine la plus vraisemblable, « villa leucensis ». Villa désigne sans équivoque en latin un domaine agricole, leucensis viendrait du mot latin d’origine gauloise leuca.

La leuca était une pierre plate que les gaulois dressaient au bord des chemins. La distance entre deux leuca était de 1 500 pas soit 2 222 mètres.

Cette leuca,  ou borne, aujourd’hui disparue, pouvait se trouver à l’ouest de Liouc  sur la RD 208  qui emprunte le tracé de l’ancienne voie pénétrante préromaine Castelnau- le-Lez – Alès. Une autre leuca jadis recensée se trouvait au carrefour avec la route de Lecques à Saint Clément au lieu dit Peira Plantada.

Liouc serait donc vraisemblablement un oppidum gaulois situé sur la colline planté d’ifs ou proche de la borne du grand chemin ?

La paroisse de Liouc

 La paroisse apparaît pour la première fois en 1108 sous le vocable Villa leucensis sur le cartulaire (1) de Nîmes.

On la  retrouve ensuite successivement sous différents noms dans les documents officiels : Ecclesia de Leuco en 1156,  Lheucum en 1384, Lhieuc en 1435 et enfin Liouc en 1695.

La paroisse St Blaise de LIOUC est rangée dans les possessions du Chapitre de Nîmes par une bulle (2) du pape Adrien VI de 1156,.

La construction de l’église, sans doute ancienne chapelle du château féodal remonterait au XI ou XII ème siècle. Elle fût ravagée vers 1560 par les huguenots puis reconstruite vers 1609. Elle est à nouveau ruinée en 1622 et ne sera réparée que vers 1656.

La population de Liouc, à l’image de ses seigneurs les La ROQUE avait dans sa grande majorité adhéré à la réforme.

Différents écrits, lors de visites à Liouc des évéques et abbés au cours du 18 ème siècle attestent que l’église était nettement plus grande que ce qu’il en reste aujourd’hui. Elle a dû être réduite lors de la construction du presbytère attenant.

A la révolution, l’église, le cimetière et la maison curiale avec écurie et basse cour sont inscrits au registre des biens nationaux en vue d’être vendus aux enchères. Finalement la vente n’aura pas lieu, sans doute grace à  l’intervention de Jacques JAC, député conventionnel catholique et gros propriétaire de Liouc. L’église et le cimetière seront attribués à l’autorité civile de la commune.

Après la révolution et jusqu’en 1874, la paroisse de Liouc deviendra une annexe de celle de Brouzet. En raison de la distance une ordonnance épiscopale du 17 décembre 1874 autorisa les catholiques de Liouc à s’adresser au curé de Quissac pour leurs besoins religieux.

En 1880, Liouc comptait 55 catholiques pour 60 protestants.

St Blaise

 Evêque et martyr, St blaise fut l’un des saints autrefois les plus populaires.

D’abord très habile médecin et en même temps très vertueux chrétien, il devint évêque de Sébaste, en Arménie, par le choix du peuple qui l’entourait d’une grande estime.

Mais Blaise, inspiré de Dieu, quitta bientôt son siège épiscopal pour s’enfuir sur une montagne solitaire ; il y avait pour compagnie les bêtes fauves qui venaient chaque jour visiter l’homme de Dieu et recevoir, avec sa bénédiction, la guérison de leurs maux.

Son secret fut découvert par des chasseurs qui virent un rassemblement de bêtes sauvages devant sa grotte. Il fut alors arrêté et emprisonné. Il continua à soigner et à guérir à travers la lucarne de son cachot. On lui avait amené un enfant sur le point d’être étouffé par une arête de poisson. Blaise le guérit.

Il mourût martyr, ses chairs labourées par un peigne de fer. Ce saint guérisseur est invoqué pour protéger des maladies aussi bien les hommes que les animaux.

 

(1)   Cartulaire : recueil  d’actes attestant les titres et privilèges d’une communauté religieuse ou laïque.

(2)   Bulle : sceau de métal attaché à un acte pour l’authentifier

LIOUC du XI au XVIII ème

Durand cette période deux familles de seigneurs ont marqué l’histoire de Liouc : Les de Leuze et les de La Roque, toutes deux sont d’anciennes familles nobles du Languedoc.

La famille de Leuze est sans doute à l’origine de la construction du château féodal, au XI siècle, sur le site du village actuel.

Au XIII siècle, les de Leuze, comme les Bermond de Sauve prirent le parti des comte de Toulouse, contre la couronne de France qui voulait annexer le Languedoc. Contrairement  aux Bermond, chassés de Sauve, les de Leuze sont maintenus dans leur fief de Liouc lorsque la province est rattachée au royaume de France.

La destruction définitive de leur château se situe vers 1250, pendant la vague de destruction des châteaux féodaux qui suivit l’annexion de la province.

La famille réussit cependant à se maintenir sur ses biens de Brouzet et Vacquières et entreprend la construction des demeures désignées sous le nom de château de Liouc au cours de la Renaissance.

Après la mort de Guillaume de Leuze en 1550, la seigneurie de Liouc va tomber aux mains des de La Roque.

C’est en 1695, que Jacques de Leuze abandonne ses droits seigneuriaux sur Liouc à Guillaume de La Roque seigneur de Liouc, Brouzet et Vacquières.

Guillaume de La Roque, fils de Pierre de La Roque, est l’un des descendants d’une puissante famille qui a participé à l’essor de la verrerie dans la région de l’Hortus.  Avant sa mort en 1693, à Liouc, Pierre avait abjuré le protestantisme à la révocation de l’Edit de Nantes (1685).

Guillaume de La Roque, dernier seigneur résidant de Liouc meurt le 12 octobre 1710 après avoir légué ses biens à son cousin germain, Jacques de Saint Sébastien, sous réserve de préserver les droits de ses frères restés fidèles à Calvin et émigrés en Angleterre pendant les guerres de religion. Il est enterré dans le cimetière de Liouc.

Ni sa fille Suzanne Laroque, (née hors mariage et décédée à l’age de seize ans), ni ses frères, pas plus que leurs descendants ne revendiquèrent la possession de l’héritage.  A la mort de Jacques de Saint Sébastien, en 1746, tous les biens y compris ceux de La Roque, sont légués à l’hôpital d’Alès.

Saisis à la révolution, vendus aux enchères en 1795, ils devinrent propriétés de plusieurs négociants de Montpellier.

Divisés puis successivement vendus, ce qui fut le château de Liouc, demeure des de Leuze et des de La Roque appartient à plusieurs propriétaires dont Manette Boissier et M. Arles. 

La mairie - école de Liouc

Cinquante ans après la Révolution, la commune de Liouc n’a ni mairie ni école.

Le 8 février 1840, le conseil municipal, Marc Antoine Dhombre étant maire, décide de saisir l’opportunité de la vente d’une partie des bâtiments dits Château de Liouc par leur propriétaire, Michel Vidal de Nîmes, afin d’y établir la mairie, la maison d’école et le logement de l’instituteur.

Le montant de la dépense s’élève à 1400 F et le devis des travaux dréssé par Frédéric Bourguet à 531 F. La vente des coupes de bois communales et les fonds propres de la commune lui permettent de réaliser cet investissement sans s’endetter.
La mairie est prévue au rez-de-chaussée (la cave pouvant servir éventuellement de prison), l’école et le logement de l’instituteur au premier étage accessible par un escalier extérieur de 13 marches.

Les élèves devront traverser la cuisine de l’instituteur pour se rendre dans la classe.

Le 7 juillet 1844, le conseil municipal du nouveau maire, André Volle vote la mise à exécution du projet. L’école devant accueillir le minimum de 7 élèves, l’académie avait accordé une subvention de 533F.

L’acte de vente est signé le 20 juin 1845.

Par souci d’économie, compte tenu du peu d’élèves une seule latrine était prévue. Elle devait se situer sur un lopin de terre faisant partie de la vente situé de l’autre coté de la rue (actuelle cabine téléphonique). L’instituteur devait pouvoir surveiller de la fenêtre de la classe.

La commission départementale de l’académie pria le maire de revoir le projet considérant qu’il y avait un risque d’atteinte aux bonnes mœurs, une école mixte devant avoir deux latrines, une par sexe.

Finalement, le projet d’école avorta dans l’œuf.

On ne plaisantait pas avec la morale au 19ème siècle !

Liouc et ses voisins

La commune de Liouc a fait l’objet de bien des convoitises de ses voisines Quissac et Brouzet !

Une première fois en 1838, le maire de Quissac Devillas-Plantat présente unilatéralement un projet de fusion avec Liouc.

Regroupés autour de leur maire, Marc-Antoine Dhombre, les habitants de Liouc repoussent cette tentative.

Une seconde fois, le 10 novembre 1860, en vertu d’un arrêté de regroupement des communes, le conseil municipal de Quissac demande l’annexion « sans réserve » de Liouc. Les arguments ne manquent pas :

·        Liouc ne compte qu’une centaine d’habitants, y compris les domestiques des deux sexes étrangers au village.

·        Liouc n’a ni école, ni église, ni temple, ni cimetière.

·        La moitié des terres cultivables de Liouc appartiennent à des gens de Quissac et Liouc n’a pas les moyens d’entretenir les chemins qui y conduisent.

 Le conseil de Liouc s’oppose catégoriquement à ce projet répondant que :

·        La commune possède une église et un cimetière qui pourraient être remis en service à peu de frais

·        Elle participe pour 25 F par an d’indemnité au logement du pasteur et autant pour celui du curé de Quissac.

·        Elle paie 150 F pour deux enfants qui fréquentent l’école de Quissac

·        Les terres appartenant à des quissacois ne représentent que 32 ha sur les 918 de Liouc

·        Les chemins de Liouc sont mieux entretenus que ceux de Quissac

·        La commune craint que s’il y a fusion, ses coupes de bois soient mises au pillage par les pauvres de Quissac.

Après consultation des habitants (à Quissac ¾ sont pour, ¼ sont contre) rien n’est  fait. Il en résulte des relations déplorables entre les deux communes pendant plusieurs années.

Finalement le Préfet mit un terme aux querelles par décret du 2 janvier 1863 en réunissant Liouc à Brouzet, commune avec laquelle Liouc possède 203 ha de bois en indivis dans le massif de Coutach.

 Les deux communes se sépareront en 1872.

Pendant ces 9 années, les trois maires qui ont couvert la période étaient de Brouzet.

  Une dernière tentative de réunion à Quissac a lieu en 1943. Liouc n’a alors que 74 habitants. Une loi de Vichy ordonnait aux communes de moins de 300 habitants de se regrouper. Elle n’aura pas plus de succès que les précédentes. Un terme est mis à ce projet par décret du gouvernement provisoire en décembre 1944.

  (D’après Louis MARTIN in QUISSAC et son canton)

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